26.07.2011

L’OSAR appelle à faire preuve de retenue avec les renvois vers l’Italie


Une délégation de l’Organisation suisse d’aide aux réfugiés (OSAR) s’est rendue en Italie du 15 au 24 septembre 2010 pour y examiner la procédure et les conditions d’accueil des requérant-e-s d’asile. La délégation a mis l’accent sur la situation des requérant-e-s d’asile renvoyé-e-s en Italie dans le cadre du règlement Dublin II. Dans son rapport final, l’OSAR conclut que les conditions d’hébergement et d’accueil sont catastrophiques, que les autorités italiennes sont submergées par la quantité de requêtes reçues et que les transferts vers l’Italie sont donc hautement problématiques (voir communiqué de presse de l’OSAR, 18 juillet 2011).

 

Selon le rapport de l’OSAR, les principaux problèmes du système italien sont dus à une capacité d’accueil totalement insuffisante. Près de 5000 places au plan national ne permettraient pas d’héberger des dizaines de milliers de requérant-e-s d’asile et de réfugié-e-s. La situation est d’autant plus préoccupante que l’aide sociale prévue dans le domaine de l’asile (nourriture, abri, intégration, etc.) est liée au séjour dans un centre. Selon l’OSAR, toutes celles et ceux qui n’ont pas trouvé de place sont donc exclus de toute aide ou assistance de la part des autorités et ne peuvent guère couvrir leurs besoins de base.

 

Très préoccupante serait aussi la situation des requérant-e-s d’asile et refugié-e-s qui ont dans un premier temps réussit à trouver une place dans un centre d’accueil, mais qui se voient expulsé-e-s de leur hébergement après un délai de six mois (au maximum). Selon l’OSAR, le système italien part du principe que les personnes concernées peuvent se prendre en charge elles-mêmes, comme elles ont reçu un permis de travail.  Néanmoins, beaucoup de personnes se retrouveraient dans la rue et viveraient dans des conditions pitoyables (voir rapport OSAR, mai 2011).  

 

Au regard de cette situation difficile, l’OSAR demande aux autorités suisses de faire preuve de retenue avec le renvoi des requérant-e-s d’asile vulnérables, des familles avec enfants et des femmes seules. Les personnes qui ont obtenu le statut de réfugié ou un statut de protection en Italie ne devraient plus être refoulées vers ce pays. Ce également en signe de solidarité et d’engagement à partager la charge avec les Etats membres de l’accord de Dublin (voir communiqué de presse de l’OSAR, 18 juillet 2011).

 

L’Observatoire suisse du droit d’asile et des étrangers a également publié, en novembre 2009,  un rapport sur les conditions du système italien de l’asile si souvent décriées comme catastrophiques. Sur la base d’observations, d’entretiens avec des représentant-e-s des œuvres d’entraide et des requérant-e-s d’asile, l’ODAE-Suisse a pointé sur la situation alarmante des requérant-e-s d’asile en Italie.